La comparaison entre 2025 et 2026 montre à quel point la saison de Russell a été désastreuse

Martin Trenkler
Après sa victoire en Azerbaïdjan, George Russell avait déclaré avoir retrouvé son meilleur niveau. Ce ne fut finalement qu’une brève embellie dans une saison qui a bien mal tourné pour le pilote britannique. Une statistique est particulièrement difficile à croire.
Comparer les performances de Russell en 2025 et en 2026 réserve bien des surprises. Il y a un an, Mercedes n’était que la troisième force du plateau derrière McLaren et Max Verstappen, qui ont dominé la quasi-totalité de la saison. Les Flèches d’Argent devaient se contenter des miettes laissées par les trois prétendants au titre mondial des pilotes. À l’inverse, Mercedes dispose d’une monoplace dominatrice depuis le début de cette saison, à quelques exceptions près.
Pourtant, ce contraste ne se retrouve absolument pas dans les résultats de Russell. Sur les dix-huit premiers Grands Prix de la saison 2026, le pilote originaire de King’s Lynn n’a inscrit que cinq points de plus qu’un an auparavant, malgré la monoplace dominatrice dont il dispose (242 points contre 237).
Cette statistique est encore moins flatteuse si l’on tient compte du fait que tous les week-ends sprint ont déjà eu lieu, alors qu’il restait encore trois sprints à disputer à ce stade l’an dernier. Pour rendre les totaux réellement comparables, il faudrait retirer les points inscrits par Russell lors des trois derniers sprints : soit 13 points au total à Silverstone, Zandvoort et Singapour. Après cet ajustement, Russell compte en réalité moins de points qu’il y a un an (230 contre 237).
En appliquant la même méthode au bilan d’Antonelli, celui-ci totalise 352 points après dix-huit Grands Prix et trois sprints, contre seulement 88 à ce stade l’an dernier. Son total a donc été multiplié par quatre exactement d’une année sur l’autre.
Russell peu préoccupé par la deuxième place au championnat des constructeurs
Compte tenu de sa forme actuelle et de la malchance qui l’accable, Russell aura déjà fort à faire pour conserver la deuxième place au championnat des pilotes. Lewis Hamilton, Max Verstappen et Charles Leclerc le talonnent, ce dernier ne comptant que neuf points de retard sur lui.
« Pour moi, tant que nous remportons le championnat des constructeurs, c’est l’essentiel. Pour l’équipe, j’aimerais évidemment terminer premier derrière le champion, mais deuxième, troisième ou cinquième, ce n’est pas être champion, donc ça ne veut rien dire », a lâché Russell, sans y accorder grande importance.
Il n’est pas satisfait de sa saison 2026, et une deuxième place n’y changera rien. Cette année devait être celle de son sacre. « Je dirais que, dans mon état d’esprit cette saison, ma vision du championnat a connu des hauts et des bas. En début d’année, quand j’avais un gros retard au classement, ce qui m’empêchait de dormir, c’était mon manque de performance. Je me demandais : “Comment vais-je améliorer mes performances ? De quoi ai-je besoin de la part de la voiture ? Que dois-je changer dans mon pilotage pour répondre aux besoins de la voiture ?” »
« Ensuite, je suis passé de 70 points de retard à moins de 25 après Silverstone, puis l’écart s’est creusé, avant qu’il y ait Bakou. Là, j’ai vraiment eu le sentiment de relancer mes chances. Une semaine plus tard, elles ont de nouveau pris un coup, en quelque sorte, et la pénalité sur la grille à Singapour a remué le couteau dans la plaie. Cette saison, ce n’était tout simplement pas écrit. Je n’en garde aucune amertume. Vraiment pas », a-t-il insisté.
« Je reviendrai sur les domaines dans lesquels j’aurais pu et dû faire mieux, plutôt que sur les événements indépendants de ma volonté qui ont joué contre moi. » Russell refuse de s’apitoyer sur son sort. « Et je dirais que, si la malchance m’a souvent desservi, mes performances ont tout aussi souvent été en dessous du niveau dont je me sais capable. »