Alonso persiste sur le manque de qualité de certains pilotes : « Tout le monde sait de qui je parlais »

Getty Images/Aston Martin
Fernando Alonso s’est montré étonnamment acerbe envers les pilotes du fond de grille à Austin. Sur le moment, ses propos auraient pu être mis sur le compte de l’émotion et de la frustration d’après-course, mais comme il l’a clairement fait savoir au Mexique, ce n’était pas la véritable raison. Alonso maintient ses déclarations.
Le pilote le plus expérimenté de la Formule 1 a dû disputer l’intégralité du Grand Prix avec une monoplace endommagée après avoir été percuté par Alex Albon au virage 11. De quoi lui inspirer des mots durs à l’égard d’un tiers des pilotes, situés en fond de grille, qu’il jugeait d’un « niveau très faible ».
Avec le recul, il ne retire rien de ses propos. « Je ne sais pas s’il s’agit d’un tiers de la grille, parce que j’ai ensuite vu des articles qui essayaient d’identifier huit ou sept pilotes », a déclaré Fernando Alonso, revenant sur ses commentaires. « Je ne donne pas de nombre précis, mais je pense que nous savons tous de qui nous parlons et qui s’est senti visé par ce commentaire. »
« Cela veut tout dire, donc je n’ai pas changé d’avis. C’était une erreur inutile et j’ai toujours du mal à comprendre quelle occasion Alex a cru voir à ce moment-là, mais cela ne concerne pas seulement Austin. Malheureusement, je me retrouve dans cette partie du peloton depuis le début de la saison, alors je vois depuis la voiture des choses que je ne peux pas vous raconter », a poursuivi le double champion du monde.

Les jeunes pilotes arrivent en Formule 1 mieux préparés que jamais. Ils le doivent à un large éventail de championnats de promotion, à une préparation poussée sur simulateur et à une approche de plus en plus professionnelle dès leur plus jeune âge.
Selon Alonso, le niveau n’a toutefois pas radicalement changé depuis ses débuts. « Non, je pense qu’il reste le même au fil des années. Évidemment, quand on est en fond de grille, les voitures sont plus difficiles à piloter. Elles ont moins d’adhérence et les erreurs sont plus fréquentes, parce qu’on n’évolue pas dans un environnement que l’on maîtrise. La voiture n’est pas conciliante, alors on commet davantage d’erreurs. »
« Mais j’estime que tous les incidents du premier tour, tous les contacts, tous les ailerons avant qui volent, toutes ces choses-là sont inutiles. Surtout quand on se bat pour rien en fond de grille », a-t-il déclaré, secouant la tête devant l’agressivité inexplicable de ses rivaux.
Il estime qu’une autre raison devrait inciter les écuries du fond de grille à courir avec discernement. « Le plafond budgétaire vient aussi s’ajouter à ce problème, mais si leurs équipes s’accommodent du plafond budgétaire et de la casse à chaque course, tant mieux pour elles. »
Selon Alonso, les pilotes en question compromettent aussi leurs propres perspectives sur un autre plan. « Tout dépend simplement des ambitions de ces pilotes, de ce qu’ils veulent pour l’avenir : s’ils veulent rester plus longtemps en Formule 1, s’ils veulent avoir une chance de rejoindre une plus grande équipe, ou s’ils se contentent d’avoir des accidents. »