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Absente de la grille du tout premier Grand Prix du championnat du monde de Formule 1, Ferrari a néanmoins participé à toutes les saisons du championnat depuis sa création. Depuis ses débuts en 1950, l’écurie italienne de Maranello est devenue la plus titrée de l’histoire de la F1, avec 16 titres constructeurs, 15 titres pilotes et 248 victoires en Grand Prix à la fin de la saison 2025. Ferrari a connu ses plus belles années avec Michael Schumacher, mais Alberto Ascari, Niki Lauda, Gilles Villeneuve et Kimi Räikkönen ont eux aussi marqué son histoire. Plus récemment, Fernando Alonso, Sebastian Vettel et Charles Leclerc ont tenté de marcher sur les traces de leurs illustres prédécesseurs, le septuple champion du monde Lewis Hamilton ayant rejoint Leclerc en 2025.
L’histoire de la Scuderia Ferrari commence en 1929, lorsqu’Enzo Ferrari fonde sa propre structure de course, qui travaille dans un premier temps avec le constructeur Alfa Romeo. Après la Seconde Guerre mondiale, il se lance dans la construction de voitures portant son nom et engage sa marque en 1950 dans le tout nouveau championnat de Formule 1.
Ferrari fait ses débuts au Grand Prix de Monaco 1950 avec Alberto Ascari, Luigi Villoresi et Raymond Sommer. Sa première victoire arrive un an plus tard, à Silverstone, en Grande-Bretagne, où l’Argentin José Froilán González bat les Alfa Romeo, jusque-là dominatrices.
Alberto Ascari confirme cette montée en puissance en offrant à Ferrari ses deux premiers titres pilotes en 1952 et 1953. L’Italien devient l’une des premières grandes figures de l’écurie, et sa domination contribue à installer Ferrari parmi les équipes de pointe du championnat.
Juan Manuel Fangio et Mike Hawthorn décrochent eux aussi des titres pilotes avec Ferrari dans les années qui suivent. Un autre cap important est franchi en 1961 : Phil Hill remporte le championnat des pilotes et Ferrari décroche son premier titre constructeurs. La Ferrari 156, particulièrement performante, se distingue par son nez caractéristique, qui lui vaut le surnom de Sharknose, ou « nez de requin ».
John Surtees devient champion du monde en 1964 et reste le seul pilote à avoir remporté des titres mondiaux à moto et en Formule 1. Ferrari décroche également son deuxième titre constructeurs.
Après une période moins faste à la fin des années 1960 et au début des années 1970, Ferrari retrouve la lutte pour les titres mondiaux. Luca di Montezemolo, qui contribue à réorganiser le département compétition, et le jeune pilote autrichien Niki Lauda jouent un rôle essentiel dans ce renouveau.
Lauda remporte son premier titre mondial en 1975, tandis que Ferrari s’adjuge le championnat des constructeurs pour la première fois depuis 11 ans. Mais l’année 1976 est marquée par l’un des événements les plus dramatiques de l’histoire de l’écurie. L’Autrichien est victime au Nürburgring d’un grave accident qui manque de lui coûter la vie. Malgré de sévères brûlures, il reprend le volant après seulement six semaines, mais c’est finalement James Hunt, au volant d’une McLaren, qui remporte le titre pilotes.
Ferrari conserve le titre constructeurs en 1976, et Lauda devient champion du monde pour la deuxième fois la saison suivante. Un nouveau succès arrive en 1979, lorsque le Sud-Africain Jody Scheckter remporte le titre pilotes.
Le début des années 1980 est marqué par la mort tragique de Gilles Villeneuve, tué lors des qualifications du Grand Prix de Belgique 1982. Malgré la perte de l’un de ses pilotes les plus emblématiques, Ferrari remporte les titres constructeurs en 1982 et 1983.
Une longue période sans titre s’ensuit. Bien que l’écurie continue à remporter des courses et aligne des pilotes comme Michele Alboreto, Nigel Mansell, Alain Prost et Jean Alesi, elle doit attendre 1999 pour décrocher un nouveau titre constructeurs.
L’histoire moderne de Ferrari prend un tournant en 1996, lorsque le double champion du monde Michael Schumacher quitte Benetton pour Maranello. L’Allemand devient la figure centrale d’un projet destiné à ramener l’écurie italienne au sommet de la Formule 1.
Une équipe solide se met en place sous la direction de Jean Todt, avec un rôle important pour le directeur technique Ross Brawn et le concepteur Rory Byrne. Ferrari améliore progressivement la compétitivité de ses monoplaces, et Schumacher se bat déjà pour le titre pilotes en 1997 et 1998.
Le premier grand succès de cette nouvelle ère arrive en 1999. Malgré les six Grands Prix manqués par Schumacher après son accident à Silverstone et le titre pilotes échappant de peu à son coéquipier Eddie Irvine, Ferrari décroche son premier championnat des constructeurs depuis 16 ans.
En 2000, Schumacher met fin à 21 ans d’attente pour Ferrari au championnat des pilotes, en prenant le dessus sur Mika Häkkinen et sa McLaren dans les moments décisifs de la saison. S’ouvre alors une période de domination exceptionnelle, durant laquelle l’Allemand remporte cinq titres mondiaux consécutifs.
Ferrari remporte également six titres constructeurs consécutifs de 1999 à 2004. Rubens Barrichello joue un rôle important dans cette réussite, épaulant Schumacher et apportant régulièrement de précieux points à l’écurie.
Cette domination atteint son apogée en 2004. Schumacher remporte 13 des 18 Grands Prix et décroche son septième titre mondial, le cinquième avec Ferrari. Avec Barrichello, il offre à l’écurie 15 victoires en 18 courses.
Schumacher met un terme à sa première carrière en Formule 1 à l’issue de la saison 2006. En 11 saisons chez Ferrari, il a remporté 72 victoires et cinq titres pilotes. Il reste le pilote le plus titré de l’histoire de l’écurie italienne.
Après le départ de Michael Schumacher, Kimi Räikkönen quitte McLaren pour devenir le nouveau fer de lance de Ferrari. Le Finlandais remporte le titre mondial dès sa première saison à Maranello.
Le championnat ne se joue qu’au Grand Prix du Brésil 2007, dernière manche de la saison. Räikkönen remporte la course et profite des points perdus par les deux pilotes McLaren, Lewis Hamilton et Fernando Alonso. Il termine avec 110 points, soit un seul de plus que chacun de ses rivaux.
Ferrari remporte également le championnat des constructeurs, aidée par l’exclusion de McLaren du classement à la suite du scandale d’espionnage impliquant des informations confidentielles appartenant à l’écurie italienne.
Un an plus tard, Felipe Massa se bat pour le titre pilotes. Le Brésilien remporte le dernier Grand Prix de la saison 2008 à domicile, sur le circuit d’Interlagos, mais Lewis Hamilton décroche dans le dernier tour la cinquième place dont il a besoin pour être sacré avec un seul point d’avance.
Ferrari décroche néanmoins son 16e titre constructeurs en 2008. À la fin de la saison 2025, il reste le dernier titre de l’écurie italienne dans l’un des deux principaux championnats de Formule 1.
En 2010, Ferrari recrute le double champion du monde Fernando Alonso. L’Espagnol démontre immédiatement son talent en jouant le titre mondial dès sa première saison. Il aborde la dernière course à Abou Dhabi en tête du championnat, mais termine septième après une stratégie manquée, laissant le titre à Sebastian Vettel et Red Bull.
Alonso dispose d’une nouvelle occasion majeure en 2012, se battant pour le titre jusqu’à la dernière course malgré une monoplace moins compétitive. Il s’incline toutefois une nouvelle fois face à Vettel au classement final, cette fois pour trois points.
Après le départ d’Alonso, c’est Sebastian Vettel qui rejoint Ferrari en 2015. Le quadruple champion du monde permet à l’écurie italienne de retrouver régulièrement la lutte pour la victoire et menace sérieusement la domination de Mercedes en 2017 et 2018.
Lewis Hamilton remporte toutefois ces deux championnats. Ferrari paie le prix d’une combinaison de problèmes techniques, d’erreurs de pilotage et d’un rythme de développement insuffisant dans les phases décisives de chacune de ces saisons.
Charles Leclerc devient le nouveau visage de l’écurie en 2019, en provenance de Sauber. Le jeune Monégasque décroche ses deux premières victoires dès sa première saison chez Ferrari, en Belgique, puis devant les tifosi à Monza.
Après une saison 2020 décevante, conclue à la sixième place du championnat des constructeurs seulement, l’écurie entame un retour progressif aux avant-postes. En 2022, Leclerc rivalise avec Max Verstappen pour le titre en début de championnat, mais sa campagne est de plus en plus compromise par les défaillances techniques, les décisions stratégiques et la domination grandissante de Red Bull.
Frédéric Vasseur prend la tête de Ferrari avant la saison 2023, en remplacement de Mattia Binotto. Le Français a pour mission de stabiliser le fonctionnement de l’écurie et d’améliorer ses performances.
Pour sa première année aux commandes, Carlos Sainz offre à Ferrari son unique victoire au Grand Prix de Singapour 2023. L’Espagnol est également le seul pilote n’appartenant pas à Red Bull à remporter un Grand Prix cette saison-là. Ferrari termine troisième du championnat des constructeurs.
Les progrès sont plus marqués en 2024. Charles Leclerc décroche une victoire riche en émotion à domicile, au Grand Prix de Monaco, avant de s’imposer également au Grand Prix d’Italie à Monza et au Grand Prix des États-Unis. Carlos Sainz ajoute deux succès en Australie et au Mexique.
Ferrari remporte ainsi cinq Grands Prix et lutte contre McLaren pour le titre constructeurs jusqu’à la dernière manche à Abou Dhabi. L’écurie termine deuxième du classement avec 652 points, à seulement 14 unités de l’équipe britannique.
Au cours de l’année, l’attention se porte toutefois aussi sur un changement majeur dans le duo de pilotes. Ferrari annonce le recrutement du septuple champion du monde Lewis Hamilton, qui quitte Mercedes après 12 saisons. Le Britannique remplace Carlos Sainz aux côtés de Charles Leclerc.
L’arrivée de Lewis Hamilton figure parmi les transferts les plus suivis de l’histoire de la Formule 1. Ferrari aborde la saison 2025 avec l’ambition de poursuivre sur la lancée de la campagne précédente, au cours de laquelle elle est passée près du titre constructeurs.
Dès les premières courses, la nouvelle SF-25 se révèle toutefois incapable de rivaliser régulièrement avec McLaren, qui impose le rythme. Hamilton peine également à adapter son pilotage à sa nouvelle monoplace, tandis que Leclerc devance régulièrement son coéquipier malgré les difficultés.
Le premier succès notable arrive lors du sprint du Grand Prix de Chine, où Hamilton décroche la pole position puis la victoire. La course principale se solde toutefois par la disqualification des deux pilotes Ferrari. La monoplace de Hamilton ne respecte pas la réglementation sur l’usure du patin, tandis que celle de Leclerc affiche un poids inférieur au minimum réglementaire.
Charles Leclerc signe les meilleurs résultats de Ferrari durant la saison. Il offre à l’écurie son premier podium de 2025 au Grand Prix d’Arabie saoudite et monte au total sept fois sur le podium. Ses meilleurs résultats sont deux deuxièmes places, à Monaco et au Mexique.
Malgré plusieurs quatrièmes places, Hamilton ne parvient pas à monter sur le podium d’une course principale. La saison 2025 devient ainsi la première de sa carrière en Formule 1 sans le moindre podium en Grand Prix.
Ferrari ne remporte pas non plus la moindre course principale. Les lacunes de la monoplace et l’écart croissant avec ses rivales poussent l’écurie à réaffecter une partie de ses ressources de développement à la préparation de la prochaine génération de monoplaces.
Ferrari termine la saison 2025 à la quatrième place du championnat des constructeurs avec 398 points. Charles Leclerc se classe cinquième du championnat des pilotes avec 242 points, tandis que Lewis Hamilton prend la sixième place avec 156 points.
Ce résultat marque un net recul par rapport à l’année précédente, lorsque l’écurie avait lutté pour le titre jusqu’à la dernière course. Après 17 ans d’attente, Ferrari doit donc encore patienter avant d’enrichir son palmarès au championnat des constructeurs.
Malgré cette longue attente d’un nouveau sacre, Ferrari reste l’écurie la plus titrée de l’histoire de la Formule 1 à la fin de la saison 2025. Avec 15 titres pilotes et 16 titres constructeurs, elle conserve le record bâti au fil des générations, des premières victoires d’Alberto Ascari à la domination de Michael Schumacher, en passant par l’ère Niki Lauda.