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Biographie du pilote : Oliver Bearman
Oliver « Ollie » Bearman a gravi les échelons jusqu’à la Formule 1 à une vitesse remarquable. En quelques années seulement, le pilote britannique est passé du karting à la Formule 4, puis à la FIA Formule 3 et à la Formule 2, avant de rejoindre les 20 pilotes qui évoluent au sommet du sport automobile. Son ascension a été jalonnée de succès majeurs dans les championnats de promotion, de son intégration à la prestigieuse Ferrari Driver Academy et, finalement, de débuts inattendus au sein de la Scuderia Ferrari elle-même.
Bearman est né le 8 mai 2005 à Chelmsford, en Angleterre. Le sport automobile a fait partie de sa vie dès son plus jeune âge. Son père David disputait des courses de voitures de sport en amateur, et Oliver l’accompagnait sur les circuits lorsqu’il était enfant. Il a raconté par la suite que le bruit des moteurs, l’odeur du carburant et des pneus, ainsi que la vitesse des voitures avaient éveillé son intérêt pour la compétition, avant qu’il ne commence lui-même à piloter plus sérieusement.
Les débuts en karting
Il a fait ses premiers tours de roue tout petit, mais a commencé le karting en compétition vers l’âge de huit ans. Sa progression a été rapide. Au fil des années suivantes, il s’est imposé parmi les jeunes kartmen britanniques les plus performants, avant d’obtenir progressivement des résultats sur la scène internationale.
En karting britannique, il s’est notamment illustré lors d’épreuves comme le Kartmasters British Grand Prix, tandis que la saison 2019 lui a apporté certains de ses résultats internationaux les plus marquants. Engagé en X30 Junior, il a connu d’importants succès, avec notamment des victoires dans des compétitions internationales. C’est à cette période que le potentiel de Bearman pour mener une carrière professionnelle dans le sport automobile s’est véritablement affirmé.
La suite logique consistait à passer du karting à la monoplace.
Premières victoires en Formule 4
Il a fait ses débuts en compétition automobile en 2020. Au sein d’US Racing, il a disputé le championnat allemand de Formule 4 ADAC, tout en participant à une partie de la saison de Formule 4 italienne.
Il n’a pas attendu longtemps pour décrocher son premier grand succès, en s’imposant à Hockenheim dès sa première saison. Avec le recul, il a désigné cette première victoire en monoplace comme l’un des moments qui ont véritablement lancé sa carrière automobile.
La saison 2021 a ensuite marqué un tournant majeur. Bearman a rejoint Van Amersfoort Racing et disputé en parallèle les championnats allemand et italien de Formule 4. Il en a tiré l’une des saisons les plus fructueuses de son parcours en formules de promotion.
Il a remporté 11 victoires en Formule 4 italienne pour décrocher le titre. Dans le même temps, il a lutté pour la couronne en Formule 4 ADAC, ajoutant six succès à son palmarès et s’adjugeant un deuxième championnat. En une seule année, il avait conquis deux des plus importantes séries de Formule 4 en Europe.
Il a totalisé 17 victoires dans ces deux championnats. Il a également participé au championnat britannique GB3, où il s’est imposé lors de l’une de ses apparitions.
De tels résultats ne pouvaient plus passer inaperçus, y compris au plus haut niveau.
L’arrivée à la Ferrari Driver Academy
Après sa brillante saison 2021, Bearman a été retenu pour la phase finale du processus de sélection de la Ferrari Driver Academy. Le programme du constructeur italien cherche depuis longtemps à repérer de jeunes pilotes capables d’atteindre la Formule 1.
Bearman a franchi avec succès les différentes étapes de sélection et intégré l’académie Ferrari. Une étape capitale pour sa carrière.
Ce lien avec Ferrari représentait bien davantage qu’un soutien financier ou sportif. À 16 ans, Bearman s’est installé en Italie et a commencé à organiser davantage sa vie autour des exigences du métier de pilote professionnel. Il vivait près de Maranello, travaillait avec des ingénieurs, des préparateurs physiques et d’autres membres du programme Ferrari, et devait apprendre à se débrouiller dans un nouvel environnement, loin de sa famille.
Il a reconnu par la suite que cette période l’avait obligé à grandir très vite. Il a également appris l’italien et s’est progressivement intégré davantage à la structure de Ferrari.
En Formule 3, immédiatement dans la lutte pour le titre
Après avoir dominé en Formule 4, Bearman est passé directement en FIA Formule 3 pour la saison 2022. Il a rejoint PREMA Racing, l’une des écuries les plus titrées au monde dans les formules de promotion.
Une fois encore, il s’est presque immédiatement installé parmi les pilotes de tête.
Sa première saison en F3 n’a pas été exempte d’erreurs, mais il a régulièrement progressé au fil des courses. Il a expliqué plus tard avoir dû apprendre à aborder la compétition de manière plus stratégique. La Formule 4 lui permettait de piloter de façon beaucoup plus agressive, tandis que la F3 exigeait une meilleure gestion des pneus, de la patience et la capacité à choisir le bon moment pour attaquer.
Le week-end de Spa-Francorchamps, en Belgique, a constitué une étape importante. Il a remporté la course sprint et terminé troisième de la course principale. Cette première victoire en Formule 3 l’a pleinement replacé dans la lutte pour le championnat.
Il est arrivé à Monza, pour la dernière manche de la saison, toujours en lice pour le titre. Il a finalement terminé troisième du classement général, à seulement sept points du champion Victor Martins.
Pour un débutant qui courait encore en Formule 4 un an plus tôt, le résultat était particulièrement impressionnant. Ferrari et PREMA ont donc décidé de lui faire franchir directement un nouvel échelon.
La Formule 2 et un week-end inoubliable à Bakou
En 2023, Bearman est devenu pilote de FIA Formule 2, toujours sous les couleurs de PREMA Racing.
Là encore, il lui a fallu peu de temps pour s’adapter au deuxième échelon de la monoplace. Le véritable déclic est intervenu dès la manche disputée dans les rues de Bakou.
Bearman y a réalisé l’un des week-ends les plus aboutis de l’histoire moderne de la Formule 2. Le plus rapide des essais libres, il a décroché la pole position, puis remporté la course sprint et la course principale. Il est devenu le premier pilote de cette génération du championnat de F2 à terminer en tête de toutes les séances disputées au cours d’un même week-end.
Il a ajouté des victoires à Barcelone et à Monza au cours de la saison. Il a conclu sa première campagne de Formule 2 avec quatre succès et la sixième place du championnat.
Mais surtout, il commençait aussi à se rapprocher de la Formule 1.
Premiers tours de roue en Formule 1
Ferrari a progressivement associé son jeune pilote à son travail en lien avec la Formule 1. Bearman a passé beaucoup de temps dans le simulateur et a également eu l’occasion de piloter d’anciennes F1 de la marque.
En 2023, il a effectué un essai sur le circuit de Ferrari à Fiorano. Une collaboration avec Haas a suivi, l’écurie entretenant de longue date un partenariat technique avec Ferrari.
Bearman a eu l’occasion de participer à la première séance d’essais libres du Grand Prix du Mexique, puis à celle d’Abu Dhabi. Le jeune pilote pouvait ainsi, pour la première fois, se mesurer directement aux titulaires de Formule 1 pendant un week-end de Grand Prix.
Ses prestations ont impressionné les dirigeants de Haas, en particulier Ayao Komatsu, futur directeur de l’écurie. Bearman a ensuite obtenu de nouvelles occasions de rouler en Formule 1 et a été nommé pilote de réserve de Ferrari et de Haas pour 2024.
Personne ne s’attendait toutefois à le voir débuter en course aussi rapidement.
Le coup de téléphone qui a changé sa carrière
Le Grand Prix d’Arabie saoudite 2024 devait avant tout être un nouveau week-end de Formule 2 pour Bearman. Il avait même signé la pole position en qualifications.
Une nouvelle inattendue est alors tombée.
Le pilote Ferrari Carlos Sainz devait être opéré d’une appendicite, et l’écurie avait besoin d’un remplaçant. Son choix s’est porté sur Bearman, alors âgé de 18 ans.
Il a appris qu’il allait courir pour Ferrari peu avant la troisième séance d’essais libres. Il ne disposait donc que d’une heure de roulage avant les qualifications au volant de la SF-24, une monoplace qu’il n’avait encore jamais pilotée dans des conditions de compétition.
Malgré cette préparation minimale, il a fait preuve d’un sang-froid remarquable. En qualifications, il a manqué l’accès à la dernière partie de la séance pour quelques centièmes de seconde seulement.
Il a ensuite terminé septième de la course.
Il avait ainsi inscrit six points dès son premier départ en Formule 1. Il était également devenu le plus jeune pilote Ferrari à marquer des points dans une course du Championnat du monde de Formule 1.
Cet épisode a fait connaître Bearman au grand public presque du jour au lendemain.
De remplaçant à titulaire chez Haas
Si la Formule 2 restait son programme principal, il a obtenu de nouvelles occasions de piloter la Haas en 2024. En juillet, l’écurie a annoncé avoir signé un contrat pluriannuel avec Bearman, qui deviendrait l’un de ses titulaires en Formule 1 à partir de la saison 2025.
Il a toutefois disputé d’autres Grands Prix avant cela.
Au Grand Prix d’Azerbaïdjan, il a remplacé Kevin Magnussen, suspendu, et terminé dixième. Il a ainsi inscrit un point dès sa première course pour Haas également. Il est devenu le premier pilote de l’histoire de la Formule 1 à marquer des points pour deux écuries différentes lors de ses deux premiers Grands Prix.
Il a ensuite de nouveau remplacé Magnussen à São Paulo.
Sa deuxième saison de Formule 2 a été atypique. Ses engagements en Formule 1 ont perturbé son programme initial, mais il est tout de même parvenu à remporter trois courses de F2, en Autriche, à Monza et au Qatar. Il a ainsi conclu son parcours dans les formules de promotion avec un total de sept victoires en deux saisons de F2.
L’objectif principal avait toutefois déjà été atteint. Il était devenu pilote de Formule 1.
Une première saison complète au plus haut niveau
En 2025, Bearman a entamé sa première saison complète de Formule 1 chez Haas, aux côtés de l’expérimenté Esteban Ocon.
Le début de saison a été marqué par quelques erreurs typiques d’un débutant, et Bearman a ensuite reconnu ouvertement qu’il aurait pu mieux gérer certaines situations. Progressivement, il a toutefois acquis de l’expérience dans la gestion d’un week-end de course complet, les réglages de la monoplace, la gestion des pneus et la communication avec l’équipe.
Son résultat le plus marquant est arrivé au Grand Prix du Mexique, où il a terminé quatrième. Il a ainsi égalé le meilleur résultat de Haas dans une course de Formule 1. Une semaine plus tard, il a ajouté une sixième place à São Paulo.
Il a terminé la saison au 13e rang du championnat avec 41 points et s’est installé durablement sur la grille. Il aborderait la campagne suivante sans être un débutant, fort de l’expérience d’une saison complète.
Ferrari reste au cœur de son parcours
Même après sa titularisation chez Haas, Ferrari a conservé une place importante dans la carrière de Bearman. C’est le constructeur italien qui l’a intégré à son académie de pilotes, lui a offert une préparation approfondie sur simulateur et au volant de Formule 1, et a contribué à lui ouvrir la voie vers un baquet de titulaire grâce à son partenariat avec Haas.
Bearman ne cache pas que courir pour Ferrari figure parmi ses objectifs de carrière à long terme. Dans le même temps, il souligne l’importance de poursuivre sa progression chez Haas, où il peut acquérir de l’expérience sans que sa carrière dépende uniquement d’une future occasion à Maranello.
Le lien entre Bearman et Ferrari est donc essentiel pour comprendre son parcours, mais sa progression en Formule 1 dépend avant tout des performances qu’il peut réaliser pour son écurie actuelle.
La vie loin des circuits
Bien qu’il soit entré très jeune dans le sport automobile professionnel, Bearman est resté proche de sa famille. Il a souligné à plusieurs reprises que son parcours vers le plus haut niveau avait également demandé des sacrifices considérables à ses parents.
Son frère cadet Thomas a lui aussi disputé des compétitions de karting. Oliver évoque souvent la place importante de sa famille dans sa vie et, même après être parti poursuivre sa carrière loin de chez lui, il essaie de consacrer son temps libre à ses proches.
Après avoir passé plusieurs années en Italie, il s’est ensuite installé à Monaco, comme plusieurs autres pilotes de Formule 1.
En dehors du sport automobile, il apprécie le cyclisme, qui fait également partie de sa préparation physique. Il reconnaît toutefois avec humour qu’il a encore beaucoup de chemin à parcourir par rapport aux cyclistes professionnels. Il s’intéresse aussi au football et a déclaré lors d’un entretien que, s’il pouvait essayer une autre carrière sportive professionnelle pendant une journée, il choisirait d’être footballeur ou cycliste.
Durant son temps libre, il aime regarder des films et des séries télévisées. Il essaie aussi de profiter des déplacements, qui font partie intégrante de la vie d’un pilote de Formule 1, pour découvrir d’autres lieux que les circuits.
Parmi les pilotes qu’il a cités comme modèles figurent Ayrton Senna et Michael Schumacher. La période de succès de Schumacher chez Ferrari et sa rigueur au travail sont des sources d’inspiration particulières pour Bearman.
Un pilote qui a su saisir sa chance
La carrière d’Oliver Bearman illustre une ascension exceptionnellement rapide à travers les formules de promotion. De ses premières années en karting à la Formule 1, en passant par deux titres en Formule 4, une lutte pour le titre en FIA Formule 3 et des victoires en Formule 2, il ne lui a fallu qu’une poignée de saisons pour atteindre le sommet.
Chacune de ces étapes a joué un rôle différent. La Formule 4 a démontré sa vitesse et sa capacité à remporter des championnats. La Formule 3 lui a appris à faire preuve de davantage de patience et à intégrer la stratégie de course. La Formule 2 lui a apporté de l’expérience dans la gestion de la dégradation des pneus, les arrêts au stand et le pilotage de monoplaces plus exigeantes sur le plan technique. La Ferrari Driver Academy l’a, quant à elle, préparé à l’environnement professionnel de la Formule 1.
Le moment décisif de ce parcours reste ses débuts en Arabie saoudite en 2024. Bearman s’est vu offrir l’une des occasions les plus exigeantes auxquelles un jeune pilote puisse être confronté : prendre directement le volant d’une Ferrari en plein week-end de Grand Prix, pratiquement sans préparation. Sa septième place a montré qu’il pouvait gérer non seulement la vitesse d’une Formule 1, mais aussi la pression liée au fait de piloter pour l’écurie la plus célèbre de la discipline.
Il est ensuite passé du statut de remplaçant à celui de titulaire chez Haas, ouvrant un nouveau chapitre de sa carrière. Après des années durant lesquelles atteindre la Formule 1 avait été l’objectif principal, sa mission avait changé. Il ne s’agissait plus de savoir s’il pouvait accéder au plus haut niveau, mais ce qu’il pouvait y construire.
La suite dira jusqu’où peut aller la carrière de l’un des pilotes britanniques les plus en vue de sa génération.
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