Wolff critique les pilotes de MotoGP mécontents : que savent-ils de la géopolitique ?

Sebastian Kawka/Mercedes
Suivre la Formule 1 permet parfois d’en apprendre beaucoup sur la géographie ou la politique. Au fil de ses déplacements, le cirque de la F1 soulève inévitablement des questions sur les enjeux propres à chaque pays ou région. En l’occurrence, les fans ont aussi, qu’ils le veuillent ou non, appris quelques notions de politique américaine et découvert la situation au Moyen-Orient.
Le sort des épreuves du Qatar et d’Abou Dhabi a amené bon nombre d’entre nous à nous intéresser aux élections américaines et aux relations entre les États du Golfe. En Formule 1, beaucoup attendent désormais avec anxiété de voir comment la situation au Moyen-Orient va évoluer. L’Iran refuse de laisser le conflit tomber dans l’oubli et continue d’attaquer le trafic maritime, non seulement dans le détroit d’Ormuz, mais aussi dans l’ensemble du Golfe.
Pendant ce temps, l’ambiance a radicalement changé à la Maison-Blanche. Le président américain Donald Trump semble avoir encaissé calmement une cuisante défaite aux élections à la Chambre des représentants et au Sénat, même si, dans son cas, il pourrait simplement s’agir d’une posture. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, se trouve dans une position particulièrement délicate : les démocrates ne lui laissent aucun répit, dénonçant sa gestion déplorable tant de son ministère que de la guerre contre l’Iran. Pour l’heure, aucun républicain ne semble disposé à se mouiller pour défendre l’impopulaire Hegseth.
Les forces américaines déployées dans le Golfe sont, quant à elles, prêtes à intervenir. Dans les circonstances actuelles, toutefois, l’ordre pourrait ne pas venir. C’est précisément ce qu’espèrent aussi les pilotes de MotoGP : actuellement au Qatar, ils ont reçu en guise de cadeau de bienvenue des procédures d’évacuation et des consignes pour rejoindre un abri.
Si les pilotes, en MotoGP comme en Formule 1, doutent à tout le moins de l’opportunité de se rendre au Moyen-Orient en ce moment, leurs patrons sont sur la même ligne que les dirigeants de leur discipline et les promoteurs. « Stefano [Domenicali] et Mohammed [Ben Sulayem] ont été assez clairs sur la situation : la Formule 1 suit les recommandations internationales, qu’il s’agisse de restrictions de déplacement, de compagnies aériennes qui ne volent plus, d’alertes dans la région ou des informations communiquées par les gouvernements locaux », a déclaré Wolff au Brésil.
« Il ne s’agit donc pas seulement des promoteurs, mais aussi de ce que font les gouvernements locaux, et c’est là-dessus qu’il faut s’appuyer, à mon avis. Et je suis entièrement d’accord avec cette approche. Je pense que lorsque des pilotes prennent la parole alors qu’ils ne savent rien de ce qui se passe sur le plan géopolitique, mais qu’ils ont un public qui les écoute, cela crée un écho médiatique », a déclaré Wolff, minimisant la menace.
Il soutient donc la décision du MotoGP de se rendre au Qatar et à Abou Dhabi, ainsi que la position de Liberty Media, qui maintient que le déplacement au Qatar aura bien lieu. Une décision définitive doit être prise au plus tard la semaine prochaine. Et puisque la sécurité dans la région ne dépend ni de Liberty Media, ni de la FIA, ni de Wolff, ni même du Qatar, mais du président américain et du régime iranien, le risque de voir la situation se dégrader est élevé.
« Mais j’aurais fait la même chose que la direction du MotoGP. Vous voulez courir, allez-y. Si vous ne le voulez pas, n’y allez pas, c’est aussi simple que cela. Chacun peut prendre sa propre décision à ce sujet, et je respecte cela », a déclaré Wolff.




