Vasseur promet des discussions fermes : « C’est un manque de respect envers la marque et tous ses employés »

Martin Trenkler
Ferrari a encore tout gâché. Non, l’équipe n’avait pas les performances cette année pour menacer Kimi Antonelli dans sa marche vers le titre, mais si elle veut jouer le moindre titre à l’avenir, elle ne peut tout simplement pas se permettre de laisser échapper autant de points. Le doublé lui tendait les bras au Mexique, mais elle a une nouvelle fois déçu, cette fois par manque de coopération, tout particulièrement de la part de Charles Leclerc.
La Scuderia disposait une nouvelle fois d’une excellente monoplace ce week-end. L’usine de Maranello est manifestement capable de produire une voiture taillée pour la victoire, et les deux mille employés de Maranello méritaient assurément un trophée de vainqueur pour leurs efforts ce week-end. Les qualifications s’étaient bien déroulées pour l’équipe et, sur un circuit où dépasser est presque impossible, tout reposait sur la bonne exécution de la course. Mais une fois encore, les ego ont pris le dessus — ou, dans ce cas précis, serait-il peut-être plus juste de parler de l’ego d’un seul homme.
À la sortie de la première chicane, Ferrari était en route vers son premier doublé depuis le Grand Prix des États-Unis 2024, mais tout s’est écroulé à la deuxième chicane. Lewis Hamilton a défendu sa position très fermement face à une tentative optimiste de Charles Leclerc par l’extérieur. Les deux pilotes sont sortis de la piste, tandis que Max Verstappen se tenait en embuscade, idéalement placé pour profiter d’un nouvel échec de Ferrari.
Max a dépassé Hamilton dans ce même virage, et une pénalité de cinq secondes infligée à Leclerc a fait le reste. Comme Ferrari n’en est pas à son premier échec de ce genre, des discussions très délicates devraient suivre. Le directeur de l’équipe, Frédéric Vasseur, dont le rôle consiste notamment à encadrer le comportement de ses pilotes en piste, s’est lui aussi retrouvé sous forte pression.
Après ce fiasco, le Français a promis de s’attaquer au problème. « J’ai beaucoup de mal à l’accepter parce que, franchement, je pense que c’est un manque de respect. Un manque de respect envers la marque, envers tous ceux qui travaillent ici et envers tous les efforts que nous fournissons », a déclaré Fred après la course.
« Nous avons franchi un vrai cap en matière de performance, et je pense que gâcher une victoire comme ça est très difficile à accepter », a ajouté Vasseur.
Mais quelle suite faut-il donner à cet épisode ? Ferrari doit-elle interdire purement et simplement à ses pilotes de se battre entre eux ? Leclerc et Hamilton affichent manifestement un rythme très similaire, il est donc tout à fait naturel qu’ils se retrouvent souvent proches l’un de l’autre en piste. Vasseur est toutefois resté impassible et n’a pas voulu critiquer Leclerc.
« Je ne veux pointer personne du doigt », a-t-il affirmé avec fermeté. « Je veux leur parler à tous les deux. Lewis élargissait lui aussi beaucoup sa trajectoire, mais je pense que nous devons nous rappeler que nous représentons une marque, que nous représentons nos sponsors et que 2 000 personnes travaillent dans l’ombre pour nous soutenir. »
« Ils ne courent pas simplement pour le plaisir de courir. Ils courent pour toute l’équipe », a déclaré Vasseur.
Lorsque les supporters de Ferrari se repassent le film de la course, le scénario reste difficile à croire. Les deux Ferrari s’élançaient du côté propre de la grille, semblaient disposer du meilleur rythme et ont brièvement occupé les première et deuxième places, mais elles ont finalement terminé deuxième et quatrième.
« Quand on part premier et troisième au Mexique, où il n’y a pas eu de dépassement depuis 72 ans, on ne s’attend pas à finir deuxième et quatrième ! Ils doivent se rappeler qu’ils représentent une marque ! » a insisté Vasseur.
« Nous aurons moins de temps pour en parler. Nous aurons ces discussions ce soir et demain matin, puis nous nous tournerons directement vers le Brésil pour nous concentrer sur l’obtention d’un meilleur résultat », a conclu le patron de Ferrari.